Distribution de Suicide Squad : acteurs, actrices et personnages

Au croisement du film de super-héros et du polar déjanté, la distribution de Suicide Squad fascine par la richesse de ses acteurs, actrices et personnages. Des criminels suréquipés enrôlés par le gouvernement, une mission suicidaire, un ton de comédie noire : tout repose sur des interprètes capables de passer du drame à l’humour en un regard. Du premier opus mené par David Ayer au renouveau explosif orchestré par James Gunn, l’Escadron Suicide a offert une galerie de figures devenues cultes, menées par Harley Quinn, Deadshot, Rick Flag ou encore Amanda Waller. Cet article propose un panorama détaillé des principaux visages devant et derrière la caméra, en s’attardant sur le travail du réalisateur, la construction des rôles, ainsi que la manière dont ce casting foisonnant a redéfini la place des méchants dans la culture populaire.

En bref : la distribution de Suicide Squad à la loupe

  • Une distribution qui réunit stars hollywoodiennes, seconds rôles solides et caméos issus du reste de l’univers DC, pour donner vie à une équipe de super-vilains forcés de sauver le monde.
  • Un duo de réalisateurs marquants : David Ayer pour le film de 2016, baigné de noirceur urbaine, et James Gunn pour The Suicide Squad, plus baroque, décalé et sanglant.
  • Des acteurs et actrices iconiques : Will Smith en Deadshot, Margot Robbie en Harley Quinn, Viola Davis en Amanda Waller, Idris Elba et John Cena dans la mouture de Gunn.
  • Des personnages contrastés, tour à tour monstrueux, pathétiques ou héroïques, dont les failles alimentent l’émotion autant que le spectaculaire.
  • Un article qui détaille la composition du casting, la vision des réalisateurs, les rôles principaux et secondaires, puis répond aux questions fréquentes sur Suicide Squad et ses interprètes.

Distribution de Suicide Squad (2016) : un casting de stars au service des anti-héros

La première version cinématographique de Suicide Squad, sortie en 2016, repose sur une distribution pensée comme un choc frontal entre vedettes et figures plus confidentielles. L’objectif : faire exister une galerie de criminels hauts en couleur, tout en laissant à chaque interprète la possibilité de marquer durablement les spectateurs. Le cœur du projet réside dans cette alchimie fragile entre le spectaculaire des scènes d’action et la dimension presque intime de ces marginaux sacrifiés sur l’autel de la sécurité nationale.

Au centre, Will Smith incarne Floyd Lawton / Deadshot, tireur d’élite implacable, mais aussi père rongé par la culpabilité. Cette dualité permet à l’acteur de jouer sur deux registres qu’il maîtrise à la perfection : le charisme héroïque et la vulnérabilité affective. Sa relation avec sa fille, Zoe, donne au film certaines de ses scènes les plus touchantes, humanisant un assassin professionnel que l’on pourrait, autrement, réduire à son efficacité létale.

Margot Robbie, de son côté, fait sensation en Harley Quinn, alias Harleen Quinzel. Son interprétation mêle séduction, folie joyeuse et douleur sous-jacente. L’ancienne psychiatre du Joker semble constamment sur le fil, oscillant entre émancipation et dépendance toxique envers son amant criminel. Cette prestation contribue largement à installer Harley comme l’une des anti-héroïnes les plus populaires de la décennie, au point de devenir, pour beaucoup, le visage emblématique de la franchise.

Autour de ce duo se greffe une série de personnages tout aussi singuliers. Joel Kinnaman prête ses traits au militaire Rick Flag, officier droit dans ses bottes, pris au piège entre loyauté à l’État et empathie pour son équipe de condamnés. Il fonctionne comme une boussole morale bancale, souvent dépassée par les événements, mais indispensable à la cohésion du groupe. Face à lui, Viola Davis campe une Amanda Waller glaciale, cérébrale, manipulatrice au possible. Là où les détenus sont prisonniers de leurs colliers explosifs, Waller est prisonnière de son propre cynisme, convaincue que la fin justifie tous les moyens.

Le film offre également un terrain de jeu à une brochette de seconds rôles attachants. Jai Courtney s’amuse avec Captain Boomerang, voleur australien braillard, obsédé par ses boomerangs et les canettes de bière. Jay Hernandez livre une performance plus intériorisée en El Diablo, gangster repenti dont les pouvoirs pyrotechniques reflètent la colère rentrée. Adewale Akinnuoye-Agbaje, méconnaissable sous le maquillage, incarne Killer Croc, homme-reptile mi-terrifiant, mi-grotesque, dont la simple présence rappelle que le Squad est un refuge pour toutes les anomalies humaines possibles.

La figure du Joker, tenue par Jared Leto, ajoute une couche de chaos supplémentaire. Son approche, plus punk et excessive que les incarnations précédentes, divise encore les spectateurs, mais contribue à densifier l’univers criminel dans lequel évolue Harley Quinn. Le clown prince du crime reste en périphérie de l’intrigue, tel un spectre qui hante chacune des décisions d’Harley.

Enfin, une nuée de personnages secondaires — de Cara Delevingne en Enchantress à Karen Fukuhara en Katana, en passant par un caméo de Ben Affleck en Batman — enrichit ce tableau déjà foisonnant. Chacun apporte une nuance supplémentaire, que ce soit une touche mystique, une aura samouraï ou un lien direct avec le reste du DC Extended Universe. La force de cette première distribution réside dans cette impression de microcosme criminel où chaque visage raconte une histoire, même lorsqu’il apparaît peu longtemps à l’écran.

Au terme de cette première incarnation, Suicide Squad s’impose comme un laboratoire de personnages, porté par des interprètes capables de donner chair à des figures a priori caricaturales. Ce socle servira de point de comparaison direct au renouveau imaginé quelques années plus tard.

James Gunn et The Suicide Squad (2021) : un nouveau regard sur la distribution et les personnages

Lorsque James Gunn prend les commandes de The Suicide Squad, pour une sortie en 2021, la franchise change de ton. Le réalisateur, déjà applaudi pour sa manière de sublimer les marginaux dans les Gardiens de la Galaxie, aborde l’Escadron Suicide comme un terrain de jeu où la distribution devient le principal vecteur de surprise. D’emblée, le public comprend que personne n’est à l’abri, pas même les têtes d’affiche, et que le film n’hésitera pas à bousculer les attentes.

La grande continuité avec le film de 2016 se nomme Margot Robbie, toujours en Harley Quinn. Sous la direction de Gunn, le personnage gagne encore en liberté. Ses scènes oscillent entre chorégraphies de combats hallucinées et instants de lucidité désarmante, comme si Harley, consciente du chaos environnant, se construisait peu à peu une morale à sa manière. La performance participe à installer une Harley plus autonome, moins définie par sa relation au Joker, et plus par ses propres choix, même discutables.

Pour renouveler le cœur du groupe, Gunn fait appel à Idris Elba, dans le rôle de Bloodsport. Ce mercenaire taciturne, expert des armes, hérite de certains traits qui rappellent Deadshot, mais l’acteur lui insuffle une gravité différente, teintée d’ironie amère. La relation compliquée avec sa fille, très différente de celle de Floyd Lawton, permet d’explorer une autre manière d’être père dans un monde de super-criminels. Elba impose une présence magnétique, transformant un personnage peu connu du grand public en leader crédible.

John Cena, ancien catcheur devenu comédien, trouve un rôle sur mesure avec Peacemaker. Défenseur autoproclamé de la paix, prêt à commettre les pires atrocités pour y parvenir, il incarne une satire vivante de certains excès militaristes. Gunn exploite à merveille le physique imposant de Cena, mais aussi son sens du décalage comique, pour créer un personnage à la fois hilarant, inquiétant et, parfois, tragique. Le succès du rôle sera tel qu’il donnera naissance à une série dérivée centrée sur Peacemaker.

La nouvelle mouture de Rick Flag, toujours campé par Joel Kinnaman, bénéficie également de cette vision. Moins raide que dans le premier film, plus ironique, il devient peu à peu la conscience morale du récit, jusqu’à un destin qui pèse lourd sur la dynamique du groupe. En face, Viola Davis renforce encore la dimension implacable d’Amanda Waller, orchestrant la mission depuis son bureau comme une chef d’orchestre de l’ombre. Sa froideur tranche avec l’humanité vacillante de ses « pions », et la distribution qui l’entoure au sein du QG de la Task Force X ajoute une touche de comédie de bureau noire.

Gunn élargit ensuite le champ des personnages avec une série de trouvailles savoureuses : Ratcatcher 2, Polka-Dot Man, King Shark, tous portés par des acteurs et actrices investis. Chacun incarne une forme différente de marginalité, qu’elle soit sociale, psychologique ou physique. Le ton balance sans cesse entre la moquerie et une tendresse sincère pour ces laissés-pour-compte de l’univers DC.

Le style du réalisateur se ressent également dans la direction des interprètes. Les dialogues fusent, les improvisations semblent encouragées, et les rapports de force changent constamment. Cette approche donne au film une énergie presque punk, où la distribution n’est pas simplement un alignement de noms sur une affiche, mais un véritable moteur narratif.

Avec The Suicide Squad, James Gunn propose finalement une sorte de variation plus débridée sur le concept original : davantage de gore, plus de couleurs, mais aussi plus d’émotion. La réussite de l’entreprise tient autant au scénario qu’à la manière dont le réalisateur exploite le potentiel de ses comédiens, redonnant du souffle à une équipe qui, par définition, ne cesse d’être recomposée.

David Ayer et James Gunn : deux visions de réalisateur pour une même escouade

Comparer Suicide Squad (2016) et The Suicide Squad (2021), c’est observer deux regards de metteurs en scène sur une même matière première : un commando de criminels forcés de coopérer. David Ayer, scénariste et réalisateur, vient du film de guerre urbain et du polar. Ses œuvres précédentes, comme Fury ou End of Watch, témoignent d’un intérêt pour les groupes soudés par des situations extrêmes, minés par la violence et la loyauté contradictoire.

Dans sa version, la distribution est dirigée vers une tonalité plus sombre. Les acteurs sont souvent filmés en gros plan, dans des ruelles, des rues ravagées, des couloirs confinés. Ayer cherche la sueur, la fatigue, la peur dans les regards. Will Smith, Jay Hernandez ou Joel Kinnaman s’inscrivent dans cette logique, où chaque personnage porte le poids de ses fautes comme un sac de sable. Le réalisateur insiste sur la fraternité improbable qui naît entre ces parias, même lorsque le montage final, remanié par le studio, adoucit certains de ses choix initiaux.

James Gunn, à l’inverse, vient d’un cinéma plus volontiers baroque, où l’humour et la violence outrancière cohabitent. Sa façon de gérer la distribution de The Suicide Squad repose sur un principe presque ludique : bousculer le spectateur en sacrifiant des personnages attendus, propulser des seconds couteaux en première ligne, jouer avec la réputation de ses comédiens. Idris Elba, John Cena et Margot Robbie se retrouvent embarqués dans une mise en scène où la couleur, la musique et le montage rythmé transforment chaque scène en numéro à part entière.

La musique illustre également ces divergences de vision. Chez Ayer, les morceaux choisis ancrent le récit dans une Amérique urbaine contemporaine, avec des titres qui renforcent le côté clip musical de certaines séquences. Chez Gunn, la bande-son devient un commentaire ironique ou mélancolique sur l’action, comme un chœur rock qui accompagne les décisions absurdes de la Task Force X. Dans les deux cas, cependant, la musique soutient le travail des acteurs, leur offrant un écrin émotionnel pour leurs performances.

Les deux réalisateurs partagent malgré tout un point commun : une attention réelle portée aux personnages. Ayer se concentre sur la culpabilité, la rédemption avortée, le sacrifice. Gunn s’intéresse davantage au sentiment d’exclusion, à la difficulté de trouver sa place dans un monde de super-héros lisses. La distribution sert de miroir à ces obsessions : Deadshot et El Diablo chez Ayer symbolisent l’impossibilité de se libérer totalement de son passé, tandis que Ratcatcher 2 ou Polka-Dot Man chez Gunn incarnent une forme de marginalité presque poétique.

Pour un spectateur passionné de culture et de cinéma, ces deux approches invitent à revisiter les films en prêtant attention à la direction d’acteurs. Comment une même Amanda Waller, incarnée par Viola Davis, peut-elle paraître encore plus terrifiante sous Gunn que sous Ayer ? Comment Margot Robbie module-t-elle sa Harley Quinn pour l’adapter à deux tons très différents ? Ces questions trouvent leurs réponses dans les nuances de jeu, mais aussi dans la mise en scène qui les encadre.

En fin de compte, la dualité Ayer/Gunn enrichit l’Escadron Suicide. Loin de figer la franchise dans une formule unique, elle montre que ce concept — une équipe de super-vilains instrumentalisés par l’État — peut être réinventé au gré des sensibilités, pour peu que l’on fasse confiance à la puissance expressive de la distribution.

Acteurs, actrices et personnages principaux : qui incarne qui dans Suicide Squad ?

Pour mieux s’orienter dans la galaxie de Suicide Squad, un repère clair entre acteurs, actrices et personnages s’avère précieux. Les visages les plus marquants reviennent souvent d’un film à l’autre, tandis que d’autres ne font qu’une apparition remarquée. La richesse de cette distribution tient à ce mélange de permanence et de renouvellement.

Quelques figures dominent nettement l’imaginaire collectif :

  • Harley Quinn – incarnée par Margot Robbie, présente dans Suicide Squad, Birds of Prey et The Suicide Squad.
  • Deadshot – porté par Will Smith dans le film de 2016, tireur d’élite au cœur partagé entre contrat et famille.
  • Rick Flag – interprété par Joel Kinnaman, soldat chargé de canaliser les criminels sur le terrain.
  • Amanda Waller – redoutable stratège jouée par Viola Davis, architecte de la Task Force X.
  • Captain Boomerang – rôle confié à Jai Courtney, brigand australien imprévisible.

Pour visualiser l’articulation entre les principaux interprètes et leurs rôles, ce tableau synthétique peut servir de point de départ :

Acteur / ActricePersonnageFilm(s)Caractéristique clé
Margot RobbieHarley QuinnSuicide Squad, The Suicide SquadAnti-héroïne excentrique, mélange de folie et de lucidité
Will SmithDeadshot (Floyd Lawton)Suicide Squad (2016)Tireur d’élite, père partagé entre crime et amour filial
Joel KinnamanRick FlagSuicide Squad, The Suicide SquadOfficier militaire, chef de terrain de la Task Force X
Viola DavisAmanda WallerSuicide Squad, The Suicide SquadCérébrale, impitoyable, dirige la Task Force X
Jai CourtneyCaptain BoomerangSuicide Squad, The Suicide SquadVoleur australien sarcastique, armé de boomerangs high-tech

Chacun de ces rôles bénéficie d’un travail de caractérisation précis. Deadshot, par exemple, pourrait facilement n’être qu’un mercenaire parmi d’autres. Pourtant, la mise en avant de sa relation avec sa fille, le regard qu’il porte sur ses propres crimes et les dilemmes qu’il traverse en mission font de lui un personnage nuancé. Will Smith exploite cette épaisseur en alternant répliques cinglantes et moments de doute silencieux.

Harley Quinn, de son côté, cristallise la manière dont une actrice peut s’approprier un rôle jusqu’à le redéfinir. Margot Robbie ne se contente pas d’imiter la Harley des comics ; elle l’adapte à un langage corporel, une diction, une palette émotionnelle qui lui sont propres. Chaque sourire, chaque éclat de rire dissimule une fêlure, ce qui rend le personnage à la fois réjouissant et inquiétant.

Rick Flag et Amanda Waller forment un duo inversement complémentaire. Lui représente l’exécution des ordres sur le terrain, elle incarne la froide conception des plans à Washington. Joel Kinnaman joue souvent la lassitude de cet officier qui sait que ses « soldats » peuvent le trahir à tout moment, tandis que Viola Davis installe une présence qui impose le silence dès qu’elle apparaît à l’écran, même dans une simple salle de réunion.

Quant à Captain Boomerang, il illustre la façon dont un personnage a priori secondaire peut devenir un élément de couleur indispensable. Jai Courtney le joue presque comme un pirate urbain : sale gosse, lâche à ses heures, mais toujours prêt à une punchline. Sa simple présence souligne le caractère brinquebalant de cette équipe où cohabitent des criminels tragiques et des clowns dangereux.

Au-delà de ces cinq piliers, la distribution s’épanouit dans une multitude de portraits plus brefs, qui enrichissent le sentiment de plonger dans un véritable milieu criminel organisé. C’est cette densité humaine qui donne à Suicide Squad, sous ses différentes formes, le charme singulier qu’on lui connaît.

Les seconds rôles et caméos : la richesse cachée de la distribution

Si les têtes d’affiche attirent l’attention, la distribution de Suicide Squad se distingue aussi par la profusion de seconds rôles et de caméos. Ces présences plus discrètes participent à densifier l’univers, comme le ferait une exposition remplie de détails que l’œil ne perçoit qu’au deuxième regard. Chaque apparition, même brève, contribue à raconter quelque chose de la Task Force X et du monde DC.

Dans le film de 2016, la sorcière Enchantress, interprétée par Cara Delevingne, occupe un statut ambigu. À la fois membre de l’équipe et force antagoniste, elle symbolise les dangers d’un pouvoir mal contenu par les autorités. L’actrice joue sur une gestuelle quasi chorégraphique, donnant à ses apparitions un caractère spectral. En parallèle, Karen Fukuhara prête son calme tranchant à Katana, guerrière japonaise dont l’épée renfermerait l’âme de son mari. Son mutisme relatif en fait une figure presque mythologique, qui contraste avec les bavardages de Captain Boomerang ou Harley.

D’autres noms apparaissent comme des clins d’œil pour les amateurs de l’univers DC. Ben Affleck surgit brièvement en Batman, rappelant que la Task Force X évolue dans le même monde que la Justice League. Ezra Miller fait une apparition en Flash, renforçant encore ces liens. Ces caméos, loin d’être anecdotiques, soulignent le statut délicat de Suicide Squad : un outil gouvernemental qui agit dans l’ombre, pendant que les super-héros officiels opèrent au grand jour.

Les seconds rôles civils ou militaires, nombreux, structurent également la perception de la Task Force X. Des marins aux soldats d’élite, des officiels du Conseil de sécurité nationale aux simples policiers, chacun incarne une manière différente de réagir à l’existence de ces criminels surpuissants utilisés comme armes. On perçoit la méfiance, la peur, parfois l’admiration, qui accompagnent le passage de ces détenus en tenue de combat.

Dans The Suicide Squad de James Gunn, cette logique de foisonnement est poussée encore plus loin. Des personnages comme Savant, Blackguard ou Javelin ne restent à l’écran que peu de temps, mais bénéficient d’une présentation si marquée qu’ils s’impriment en mémoire. Gunn joue précisément sur cet effet : donner à chaque acteur un moment de gloire, quitte à faucher son personnage brutalement par la suite. Ce procédé, à la fois cruel et ludique, entretient un sentiment d’insécurité constant.

Les collègues d’Amanda Waller au QG, chargés de surveiller les constantes des membres du Squad, installent également une dynamique de comédie noire. Leur manière de parier sur la survie des prisonniers, ou de commenter à demi-mots les décisions de leur supérieure, crée un miroir bureaucratique à la folie du front. Ces petits rôles, portés par des comédiens au timing impeccable, donnent souvent lieu à des répliques que les fans aiment citer.

Dans l’ensemble, cette attention portée aux marges de la distribution renforce la crédibilité de l’univers. Là où certains blockbusters se contentent d’un arrière-plan interchangeable, Suicide Squad peuplent ses décors de visages récurrents, de silhouettes marquantes, de personnages secondaires qui pourraient, à tout moment, devenir les héros de leur propre spin-off. C’est cette impression de monde habité qui, inconsciemment, donne envie de revenir explorer encore et encore les couloirs de la prison de Belle Reve ou les couloirs d’un QG gouvernemental.

Pour le spectateur attentif, redécouvrir ces films, c’est un peu comme revisiter une collection d’œuvres dans un musée : à chaque passage, un détail nouveau surgit, une figure secondaire gagne en relief, et la distribution globale apparaî t plus cohérente, plus organique. L’escadron suicide ne se réduit alors plus à quelques noms célèbres, mais à une véritable mosaïque humaine.

Pourquoi la distribution de Suicide Squad marque autant la culture populaire

Au-delà des débats sur la qualité respective des scénarios, la distribution de Suicide Squad a laissé une empreinte profonde dans la culture populaire récente. Les acteurs, actrices et personnages du film sont devenus omniprésents : affiches, conventions, cosplay, jeux vidéo, produits dérivés. Ce phénomène tient à plusieurs facteurs, où s’entremêlent choix de casting, design visuel et capacité à incarner des archétypes contemporains.

Harley Quinn, sous les traits de Margot Robbie, illustre parfaitement cette dynamique. Sa silhouette — queues de cheval, batte, maquillage dégoulinant — est immédiatement reconnaissable. Mais l’adhésion du public ne vient pas seulement de l’esthétique. Harley incarne une forme de rébellion joyeuse contre les normes, tout en restant traversée par des failles bien réelles. Cette combinaison de liberté affichée et de fragilité sert de miroir à toute une génération en quête d’identités multiples, refusant d’être réduite à une case.

Des figures comme Deadshot, Rick Flag ou Amanda Waller permettent d’explorer des thèmes plus graves : la militarisation, le rapport à l’autorité, la manipulation étatique. Will Smith, Joel Kinnaman et Viola Davis prêtent à ces personnages un réalisme émotionnel qui dépasse le cadre du film de super-héros. Le spectateur se retrouve face à des individus qui, malgré leurs costumes et leurs gadgets, posent des questions très contemporaines : que vaut une vie humaine dans une logique de raison d’État ? Jusqu’où obéir, et à quel prix ?

La présence de Captain Boomerang, d’El Diablo, ou encore de King Shark dans la mouture de Gunn, offre un contrepoint plus léger, sans tomber dans la pure farce. Ces personnages permettent de décompresser, de rire de l’absurdité d’une mission où des criminels bariolés affrontent des menaces interstellaires ou des expériences militaires qui ont mal tourné. Pourtant, même eux bénéficient de moments de sincérité, de regards échangés, qui rappellent qu’ils restent des êtres humains prisonniers de choix passés.

Sur le plan industriel, la distribution de Suicide Squad a également ouvert la voie à une autre manière de concevoir les adaptations de comics. Plutôt que de se concentrer uniquement sur des héros au sens traditionnel, Warner Bros. et DC ont mis en avant des antagonistes, des « méchants » dont l’humanité bancale devient le sujet même du récit. Cette orientation a influencé d’autres productions centrées sur des figures ambiguës, qu’il s’agisse de films, de séries ou de jeux vidéo.

Enfin, la longévité de ces acteurs et actrices dans l’univers DC, avec des retours réguliers de Margot Robbie et Viola Davis, contribue à tisser un lien de familiarité avec le public. Au fil des années, ces visages deviennent autant de repères dans un paysage cinématographique en mouvement constant. Les spectateurs retrouvent une Harley plus mûre ici, une Waller encore plus impitoyable là, et peuvent mesurer, presque comme dans une série au long cours, l’évolution de ces figures.

La force de cette distribution ne tient donc pas seulement à une addition de noms prestigieux, mais à un dialogue continu entre fiction et réalité. Les comédiens apportent leurs expériences, leurs nuances, leur aura médiatique, et ces éléments se mêlent aux costumes, aux lignes de dialogue, aux cadres choisis par les réalisateurs. De cette rencontre naissent des personnages qui continuent, années après années, de peupler l’imaginaire collectif, bien au-delà du seul temps de projection.

Qui joue Harley Quinn dans les films Suicide Squad ?

Harley Quinn est interprétée par Margot Robbie. Elle apparaît en Harley dans Suicide Squad (2016) et The Suicide Squad (2021), et son interprétation a largement contribué à populariser le personnage, au point d’en faire l’une des figures centrales de l’univers DC au cinéma.

Quel acteur incarne Deadshot dans Suicide Squad ?

Deadshot, alias Floyd Lawton, est joué par Will Smith dans le film Suicide Squad de 2016. Le personnage n’apparaît pas dans The Suicide Squad de James Gunn, qui introduit un autre tireur d’élite, Bloodsport, interprété par Idris Elba.

Qui est Amanda Waller et qui l’interprète ?

Amanda Waller est la dirigeante implacable de la Task Force X, l’escouade de criminels envoyée en mission. Elle est incarnée par Viola Davis dans les deux films, offrant une performance marquante de froideur et de calcul politique.

Captain Boomerang apparaît-il dans les deux films ?

Oui, le personnage de Captain Boomerang, voleur australien armé de boomerangs high-tech, est présent dans Suicide Squad (2016) et dans The Suicide Squad (2021). Il est interprété dans les deux cas par Jai Courtney, qui lui donne un ton à la fois comique et imprévisible.

Quelle différence majeure existe entre Suicide Squad et The Suicide Squad ?

Suicide Squad (2016), réalisé par David Ayer, propose une approche plus sombre et urbaine, centrée sur la rédemption de criminels. The Suicide Squad (2021), réalisé par James Gunn, adopte un ton plus débridé, gore et satirique, tout en introduisant une nouvelle équipe de personnages et une distribution partiellement renouvelée.